Grands Evénements

Les derniers trésors du prince Nicolas Romanov vendus aux enchères du 10 au 13 décembre à Genève 03/12/2012

Un des derniers descendants du tsar Nicolas Ier vend aux enchères ses lettres et souvenirs pour rétablir quelques vérités historiques.La casquette de campagne d'officier de l'armée impériale russe du grand-duc Nicolas Nikolaïevitch Romanov, commandant suprême des armées au début de la Première Guerre mondialeUn parfum de nostalgie flotte dans la retraite du prince Nicolas Romanov, à Rougemont, dans le canton de Vaud. Assis sous la photo de l'empereur Nicolas II, ce petit-fils du grand-duc Pierre Nicolaïevich, qui porte bien ses 90 ans, raconte pourquoi il a décidé de vendre les souvenirs qu'il a reçus par filiation directe. «Je suis triste, avoue cet homme dont la vie n'est qu'une errance depuis l'âge de 5 ans, de la France à l'Italie en passant par l'Égypte. Mes trois filles, Natalia, Elisabeth, Tatiana, ne sont pas intéressées par cet héritage et vu mon grand âge, j'anticipe la séparation qui me sera de toute façon imposée un jour…»À la veille du 400e anniversaire de l'ascension sur le trône de la famille impériale de Russie, le moment de vendre paraît bien choisi, même si le prince porte aujourd'hui un regard critique sur son arrière-arrière-grand-père, le tsar ­Nicolas Ier. «C'était un militaire de cœur mais il avait un caractère tordu. Il a épousé une femme très belle qu'il a rendue à demi folle, à cause d'une relation parallèle avec une danseuse.»Issu de la branche aînée de la famille impériale en descendance directe de ­Nicolas Ier, le prince est toutefois fier de sa descendance. Il a été élu prétendant au trône de Russie par les membres de la ­famille Romanov en 1992. En tant que chef de la maison impériale de Russie, il est aujourd'hui soucieux de transmettre à la postérité la mémoire de son grand-oncle, Nicolas Nicolaïevich, mort en 1929.Au début de la Première Guerre mondiale, ce commandant suprême des armées impériales terrestres et navales de Russie réussit à fuir la Russie bolchevique avec son frère Pierre, pour s'installer, avec leurs épouses respectives, sur la Côte d'Azur, à la villa Thénard d'Antibes. Dans leurs bagages, ceux-ci mirent quelques photos et lettres intimes. Le reste a été confisqué par les Bolchéviques et ne réapparaît que depuis peu dans des musées, notamment à Saint-Pétersbourg où le prince a assisté, le 16 juillet 1998, aux cérémonies données à l'occasion des funérailles du dernier tsar, Nicolas II de Russie.«Il est temps de rétablir la vérité sur ­Nicolas Nicolaïevich, ce personnage historique qui s'est fait limoger d'une façon brutale qu'il ne méritait pas, après avoir endossé le rôle militaire le plus important qui soit», explique le prince. Écrites entre 1914 et 1916, pendant la Première Guerre mondiale, quatre lettres du tsar Nicolas II adressées au grand-duc en disent long sur les raisons de cette mise au purgatoire. Sous la pression de la tsarine Alexandra et de son conseiller Raspoutine - qui haïssait le grand-duc -, il est alors destitué de ses fonctions de généralissime au profit de Nicolas II qui occupera cette fonction à partir du 16 août 1915. Nicolas Nicolaïevich gardera toutefois la confiance du tsar et sera nommé commandant en chef et vice-roi du Caucase. C'est avec courage qu'il assumera les combats contre l'Empire Oottoman et même plusieurs offensives contre les Turcs, ennemis des alliés de la Grande Guerre.«Certes, mon grand-oncle n'était pas un bon général mais il était génial dans l'organisation des mouvements de cavalerie. Son plus gros défaut était d'être impétueux, observe le prince. Avec le regard inquiet des mauvais jours, il s'en était pris à un commandant de la garde en lui criant qu'est-ce que tu fous ici avec tes cubes jaunes en parlant de ses soldats? Mais de là à l'avoir renvoyé d'une façon aussi brutale, je n'y crois pas.» Serait-ce alors un coup monté de la tsarine qui ne supportait pas la contradiction? Un caprice d'impératrice qui n'avait d'yeux que pour Raspoutine qui imposait sa loi en martelant «le jour où je meurs, toute la famille impériale va mourir…» ?À l'évidence, cette correspondance inédite montre des liens très forts unissant le tsar et le grand-duc. Celui-ci lui affirme sa «pleine confiance» et use de formules amicales très fortes en signant de son petit nom «Nicki». Au-delà de ce fâcheux licenciement méritant d'être revu par l'histoire, ces documents apportent aussi du neuf dans la compréhension du personnage du tsar, «loin des clichés d'un empereur soucieux exclusivement de sa famille directe», explique le catalogue. «Le tsar était proche de ses armées. Paternaliste, il était soucieux d'encourager ses troupes et employait à l'égard de son commandement suprême des termes chargés d'émotion.»C'est en organisant une première vente, en décembre 2010, avec près de 300 lettres du tsar Alexandre III, que l'étude de Bernard Piguet a fait la connaissance du prince Nicolas Romanov. Ses conseils scientifiques s'avéraient précieux pour reconstituer le puzzle de cette famille au destin tragique. À la grande surprise du commissaire-priseur, ces lettres qui n'avaient déjà pas suscité l'intérêt des archives et des musées de l'ex-Union soviétique ne furent pas emportées par des Russes, sans doute parce qu'elles étaient écrites en français, mais par des collectionneurs suisses. Un an plus tard, ce fut au tour de 300 photographies d'époque réunies en 28 lots de s'envoler largement au-dessus des estimations. Même des photos officielles ont multiplié leur prix par dix montrant ainsi que l'histoire sulfureuse de cette famille n'en finit pas de déchaîner les passions.Le 10 décembre, à l'hôtel des ventes de Genève, les amateurs pourront se disputer encore d'autres photos inédites comme celle du petit tsarévitch Alexeï assassiné à l'âge de 14 ans ou du grand-duc Michel Alexandrovitch s'essayant au trapèze dans un salon du palais impérial avant de jouer au croquet avec sa sœur Olga Alexandrovna. Sans oublier des ­lettres d'amour comme celles du tsar Alexandre II adressées à sa maîtresse ­Katia Dolgorouky, de presque trente ans sa cadette (5.000 à 8.000 euros). Elles dévoilent un tsar follement épris de «son cher ange» qui occupe son cœur et ses nuits au détriment des affaires de l'État.
Vente Romanov , du lundi 10 au jeudi 13 décembre 2012, à l'Hôtel des ventes de Genève. Rue Prévost-Martin 51 - CH 1205 Genève. Exposition publique du 7 au 9 décembre 2012.

Source: Le Figaro

Une exposition à Bagdad remet à l'honneur la Famille royale d'Irak dont la modestie est vantée 09/10/2012

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Pièces maîtresses de l'exposition inaugurée durant le week-end, une énorme Mercedes, une Rolls-Royce et deux calèches trônent dans la cour du centre culturel de la rue Moutanabi, sur les bords du Tigre.
Passée par les armes lors du coup d'Etat de 1958, la famille royale irakienne est pour la première fois à l'honneur à Bagdad dans une exposition qui présente une collection d'objets lui ayant appartenu et replonge le visiteur dans l'"âge d'or" d'une monarchie tout en "modestie".La Mercedes argentée aux formes futuristes est un cadeau d'Adolf Hitler au roi Ghazi. Elle est en excellente condition et n'a été produite qu'en trois exemplaires dans les années 1930: l'un est allé au souverain irakien, un deuxième au dictateur allemand et le troisième à Benito Mussolini.La Rolls-Royce, plus discrète, est un présent fait au même Ghazi par l'homme d'affaires irakien Mahmoud al-Biniya. Les calèches ont été offertes à Fayçal II par la maison royale britannique.Mais sous ces allures frivoles, la famille royale irakienne n'en était pas moins soucieuse de préserver un style de vie empreint de modestie, qui n'est pas pour déplaire aux visiteurs de l'exposition qui dure jusqu'à la fin de la semaine."La famille royale a été lésée et les photos exposées montrent bien qu'elle vivait de façon simple et modeste", raconte l'historien Adil al-Ardaoui.Un visiteur, qui ne souhaite pas donner son nom, acquiesce. Il dit avoir vécu le couronnement de Fayçal II en 1939, un roi "modeste qui aimait son peuple".Fayçal II fut le dernier souverain d'Irak, tué lors du coup d'Etat du 14 juillet 1958 emmené par Abdel Karim Qassem. Avant lui, Ghazi (1933-1939) avait succédé à Fayçal Ier (1921-1933) sur le trône hachémite.Dans une salle du centre culturel, des centaines d'objets et de photos attestent de la vie somme toute relativement normale que menèrent les trois monarques.Un service à thé à l'effigie de Fayçal Ier côtoie des épées. Sur une photo, le roi va à la rencontre de ses sujets, sur une autre Fayçal II joue au tennis. Sont également exposés des dessins de voitures et d'avions faits par un tout jeune Fayçal II ou encore la couverture du magazine "Elle" daté du 25 novembre 1957.La revue présente à ses lectrices, en couleurs, "la princesse Hamzade et sa fille, la princesse Fadilé, +jeune Parisienne+ qui devient reine d'Irak". Il n'en fut rien. Fayçal II, alors âgé de 23 ans, fut exécuté avec son oncle, le prince régent, et son Premier ministre Nouri Saïd huit mois plus tard, avant d'avoir eu le temps d'épouser la princesse."L'exposition nous rappelle cet âge d'or où, malgré tout, la vie était calme", soupire Chaker Kemer, un conducteur de bus à la retraite.Et Ali al-Toulaibaoui, professeur à l'université de Bagdad, de renchérir: "Un roi soucieux des droits de son peuple, qui met en place un parlement, c'était quelque chose de nouveau pour les Irakiens à l'époque. Après la mort du roi et l'avènement de la République, l'Irak n'a connu que des guerres et des catastrophes".A l'image de la guerre contre l'Iran (1980-88), de l'invasion du Koweït en 1990, des sanctions imposées au pays et, finalement, de l'invasion américaine de 2003 qui a mené à la chute de Saddam Hussein et ouvert une période d'instabilité sanglante de laquelle l'Irak ne s'est toujours pas totalement remis.

Source : AFP

La grande-duchesse Maria Vladimirovna de Russie et l'Eglise orthodoxe vont bientôt se prononcer sur l'authenticité des restes des derniers Romanov 26/07/2012

La grande-duchesse Maria Vladimirovna de Russie avec son fils le grand-duc Gueorgui au mariage du prince Georg-Friedrich de Prusse en 2011
La Maison des Romanov suivra la position de l'Eglise orthodoxe russe quant à l'authenticité des restes de la famille du dernier tsar Nicolas II de Russie. Le chef de la Maison Romanov, la Grande-Duchesse Maria Vladimirovna, reconnaîtra les restes enterrés à la cathédrale des saints-Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg comme ceux de la famille impériale, si l'Eglise orthodoxe russe affirme qu'ils sont authentiques, a déclaré le porte-parole de la Maison Romanov Alexander Zakatov à Interfax. L'Eglise orthodoxe russe et de la Maison Impériale Romanov n’ont pas encore reconnu que les restes sont authentiques, s’appuyant sur l'absence de preuves suffisantes. Il est apparu jeudi 26 juillet 2012 que le Patriarcat de Moscou pouvait changer sa position sur les "restes de Iekaterinbourg". Le Patriarche Kirill de Moscou et de Toutes les Russies a dit devant le Saint-Synode réuni à Kiev que des informations importantes étaient arrivées de New York, où l'Eglise orthodoxe russe de l'extérieur de la Russie a son siège social, en rapport avec les circonstances de la mort de la famille impériale. "J'espère que ces circonstances contribueront à éclairer notre position, y compris sur les soi-disants « restes de Ekaterinbourg », a déclaré le patriarche russe. "Nous avons appris que les preuves matérielles - un rapport de l'enquêteur Nikolay Sokolov, [qui a étudié l'exécution de la famille impériale en 1919 au sein de la commission ordonnée par l'amiral Koltchak Alexander] - a été découvert à Bruxelles il ya quelque temps, lorsque l'Eglise construite en commémoration du tsar martyr a été en cours de restauration », a déclaré Zakatov. "Peut-être ces éléments nouveaux et des tests complémentaires permettront de faire la lumière sur certains aspects de la situation. Il serait prématuré de spéculer sur un changement radical, mais la Grande-Duchesse Maria Vladimirovna a été informée des derniers développements par Hilarion métropolite de l'Église orthodoxe russe hors de la Russie " a-t-il dit. "Nous espérons qu’une nouvelle enquête va nous conduire à des résultats plus objectifs que ceux obtenus par une commission en 1998," a-t-il ajouté. "Le refus de l'Église orthodoxe russe de reconnaître les restes de Ekaterinbourg comme authentiques était dû à de sérieux doutes. Si ces doutes sont dissipés, l'Eglise va probablement changer sa position. Et dans ce cas, le chef de la Maison des Romanov se joindra à l'Eglise dans la reconnaissance des restes comme authentiques ", a déclaré Zakatov. Il a dit que des conteneurs de plomb ont été trouvés dans un mur de l'église orthodoxe qui a été restauré à Bruxelles, et l’un contenait une lettre sur l'histoire de ces preuves matérielles, a-t-il ajouté. «l’enquêteur Sokolov a remis la preuve matérielle au prince Chirinsky-Shikhmatov à un moment donné. Alors le fils du prince l'a remise à l'Eglise orthodoxe russe hors de Russie. Il a d'abord été conservé dans une église orthodoxe à Paris et a été ensuite transmis à l'église en construction à Bruxelles, "a déclaré Zakatov. "Les conteneurs de plomb portaient des bocaux en verre remplis de terre du site de Ganina Yama où les corps de la famille impériale et leurs domestiques ont été brûlés», a-t-il dit. "Les pots en verre sont remplis de terre et d'argile mélangée avec des tissus qui sont restés après que les corps ont été brûlés. Cela offre une certaine matière génétique pour d'autres essais," a-t-il dit. Onze personnes, dont des membres de la famille impériale russe et les personnes de leur entourage, ont été abattus sur l'ordre du conseil régional du présidium de l’Oural dans les premières heures du 17 Juillet 1918. Une tombe avec neuf corps a été trouvée sur Staraya Koptyakovskaya Road, près de Iekaterinbourg en Juillet 1991. Les restes ont été identifiés comme étant ceux de l'empereur Nicolas II, son épouse la tsarine Alexandra Fedorovna, leurs filles Olga, 22 ans, Tatiana, 21 ans, et Anastasia, 17 ans, et leurs serviteurs Evgueni Botkine, 53, Anna Demidova, 40, Aloizy Trupp, 62, et Ivan Kharitonov, 48. Les restes de deux autres personnes ont été découverts lors de fouilles archéologiques à 70 kilomètres au sud de la première tombe le 26 Juillet 2007. Les restes n'ont pas encore été enterrés, mais les analyses de nombreux experts indiquent que les restes sont susceptibles d’être ceux du prince héritier Alexeï et de sa sœur Maria. Le Présidium de la Cour suprême de Russie par un jugement du 1er octobre 2008 à réhabilité Nicolas II et les membres de la famille impériale. La Commission d'enquête a déclaré en Janvier 2011 qu'elle avait achevé son investigation sur la mort de Nicolas II, des membres de sa famille et de son entourage et a classé l'affaire criminelle.
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